Mouvement de tai chi pratiqué dans un parc au lever du jour

Mouvements de tai chi : les 6 premiers à connaître, lus en trois repères

Mouvements de tai chi : les 6 premiers gestes de la forme 24, décodés en trois repères (pieds, poids, mains), avec l’erreur à éviter pour chacun.

Au programme6 partiesAfficherReplier
  1. 1La forme 24, le premier fil que suivent les débutants
  2. 2Avant le premier geste : les deux pas qui portent tout le reste
  3. 3Mouvements 1 à 3 : ouvrir, séparer la crinière, déployer les ailes
  4. 4Mouvements 4 à 6 : brosser le genou, jouer du pipa, repousser le singe
  5. 5Relier les six gestes sans perdre le fil
  6. 6Mouvement de tai chi : six gestes, une première forme à soi

Les premiers mouvements de tai chi s’apprennent mieux en suivant un fil qu’en collectionnant des exercices isolés. Les six gestes qui ouvrent la forme 24 composent déjà un petit enchaînement complet. Chaque mouvement de tai chi se lit ici en trois repères, pieds, poids et mains, avec l’erreur qui revient le plus souvent. Si vous hésitez encore entre les deux disciplines, lisez d’abord la différence entre tai chi et qi gong.

La forme 24, le premier fil que suivent les débutants

Cours collectif de tai chi dans une salle lumineuse

Presque tous les cours d’initiation partent du même enchaînement. La forme 24, aussi appelée forme simplifiée ou forme de Pékin, sert de porte d’entrée commune aux mouvements de tai chi.

Une forme née d’une commande officielle

Le Comité des sports de la République populaire de Chine crée la forme 24 en 1956. Un groupe de maîtres réuni autour de Li Tianji, avec Chu Guiting, Cai Longyun, Fu Zhongwen et Zhang Yu, la tire du style Yang traditionnel en retirant les passages les plus difficiles.

  • La forme 24 enchaîne 24 postures sans aucune répétition de séquence.
  • Son exécution complète dure environ six minutes.
  • Elle fait travailler les deux côtés du corps.

Six gestes qui forment déjà une phrase

Les six premiers mouvements composent le premier segment de la forme. Ils démarrent sur l’ouverture et se terminent sur un retour en arrière. Vous tenez donc, avec eux, un petit enchaînement complet à répéter seul.

Attention aux noms : ils changent d’une école à l’autre. Gardez le pinyin comme repère commun.

N°Nom français courantPinyinNom anglais
1OuvertureQishiCommencing
2Séparer la crinière du cheval sauvageYema fenzongPart the wild horse’s mane
3La grue blanche déploie ses ailesBaihe liangchiWhite crane spreads its wings
4Brosser le genou et pas en avantLouxi aobuBrush knee and step forward
5Jouer du pipa (ou du luth)Shouhui pipaPlaying the lute
6Repousser le singeDaojuan gongReverse reeling forearm

Avant le premier geste : les deux pas qui portent tout le reste

Posture de tai chi en appui sur les jambes, dans une lumière dorée

Un mouvement de tai chi se lit d’abord par les pieds. Les bras suivent. L’UNESCO décrit une pratique fondée sur les wubu, cinq pas, et les bafa, huit techniques de mains. Pour les six premiers gestes, deux pas suffisent.

Le pas en arc (gongbu)

  • Le pied avant pointe droit devant, le genou fléchi reste au-dessus du pied.
  • La jambe arrière s’allonge sans se verrouiller, pied orienté vers l’extérieur.
  • Le poids repose surtout sur la jambe avant.
  • Les pieds gardent un écart latéral, comme sur deux rails parallèles.

Le pas vide (xubu)

  • La jambe arrière porte presque tout le poids, genou fléchi.
  • Le pied avant se pose léger, sur la pointe ou sur le talon.
  • Il peut se lever à tout moment sans que le corps bascule.

Le transfert du poids, à travailler seul

  1. Placez-vous en pas en arc, pied gauche devant.
  2. Reculez le poids sur la jambe arrière en quatre secondes, sans redresser les genoux.
  3. Avancez-le en quatre secondes sur la jambe avant.
  4. Faites cinq allers-retours, puis changez de côté.

Pendant l’exercice, épaules basses, bassin stable, regard horizontal. Le buste ne monte ni ne descend : seule la répartition du poids change.

Gardez cette grille en trois repères pour la suite :

Pieds : où se pose le pas. Poids : quelle jambe porte. Mains : où chaque paume termine.

Mouvements 1 à 3 : ouvrir, séparer la crinière, déployer les ailes

Mouvement de tai chi pratiqué dans un jardin en automne

Ces trois mouvements de tai chi installent la lenteur et le premier pas en arc. Lisez chacun avec la grille pieds, poids, mains.

1. L’ouverture (Qishi)

  • Pieds : départ pieds joints, puis pas latéral du pied gauche à largeur d’épaules.
  • Poids : réparti à égalité sur les deux jambes.
  • Mains : les bras montent devant vous jusqu’à hauteur d’épaules, paumes vers le sol, puis redescendent vers les hanches pendant que les genoux fléchissent.

Erreur fréquente : lever les épaules avec les bras. Les coudes restent lourds, orientés vers le sol.

2. Séparer la crinière du cheval sauvage (Yema fenzong)

  • Pieds : pas en arc vers l’avant, côté gauche, puis droit, puis gauche.
  • Poids : il glisse vers la jambe avant à mesure que les bras s’ouvrent.
  • Mains : les paumes se font face comme si elles tenaient un ballon, puis se séparent. La main avant monte à hauteur des yeux, la main arrière descend près de la hanche.

Erreur fréquente : poser le pied avant sur la même ligne que le pied arrière. L’équilibre se perd, gardez l’écart latéral.

3. La grue blanche déploie ses ailes (Baihe liangchi)

  • Pieds : demi-pas du pied droit vers l’avant, puis pas vide à gauche, pointe posée.
  • Poids : il recule presque en entier sur la jambe droite.
  • Mains : la main droite monte près du front, paume tournée vers vous ; la main gauche descend près de la hanche gauche.

Erreur fréquente : charger le pied gauche. S’il ne peut pas se soulever sans bascule, le poids n’est pas encore reculé.

Mouvements 4 à 6 : brosser le genou, jouer du pipa, repousser le singe

Pratique du tai chi au bord d’un lac dans la brume du matin

La seconde moitié du segment alterne marche avant et marche arrière. La grille reste la même.

4. Brosser le genou et pas en avant (Louxi aobu)

  • Pieds : trois pas en arc, gauche, droit, gauche.
  • Poids : il avance sur la jambe avant à la fin de chaque pas.
  • Mains : la main basse balaie devant le genou avant puis se pose près de la hanche ; la main haute part de l’oreille et pousse vers l’avant, paume verticale.

Erreur fréquente : pousser avec le bras seul. La poussée arrive en même temps que le poids, pas avant.

5. Jouer du pipa (Shouhui pipa)

  • Pieds : demi-pas du pied droit, puis talon gauche posé devant, pointe levée.
  • Poids : reculé sur la jambe droite, en pas vide.
  • Mains : la main gauche monte devant, à hauteur du nez ; la main droite s’arrête près du coude gauche. Les bras tiennent un luth imaginaire.

6. Repousser le singe (Daojuan gong)

  • Pieds : quatre pas en arrière, en alternant les côtés, pointe posée d’abord.
  • Poids : il revient sur la jambe arrière à chaque pas.
  • Mains : une main passe près de l’oreille et pousse devant pendant que l’autre revient vers la hanche.

Erreur fréquente : reculer les pieds sur une seule ligne. Gardez deux traces parallèles.

MouvementPasRépétitionsDirection
1. OuverturePieds parallèles1Sur place
2. Crinière du chevalPas en arc3 (G, D, G)Avant
3. Grue blanchePas vide1Sur place
4. Brosser le genouPas en arc3 (G, D, G)Avant
5. Jouer du pipaPas vide1Sur place
6. Repousser le singePas en arrière4Arrière

Relier les six gestes sans perdre le fil

Pratique du tai chi seul dans un intérieur lumineux et dégagé

Connaître six mouvements isolés ne suffit pas. La forme vit dans les transitions, ces passages où un geste se change en un autre sans arrêt.

Une méthode par ajout

  1. Apprenez l’ouverture seule, puis ajoutez la crinière du cheval.
  2. Reprenez toujours depuis le début avant d’ajouter un nouveau geste.
  3. Soignez deux jonctions : crinière vers grue blanche, pipa vers repousser le singe.
  4. Gardez des séances courtes, de 10 à 15 minutes.
  • Espace : environ 2 m sur 2 m suffisent pour ce segment.
  • Tenue : vêtements souples, chaussures plates à semelle mince ou pieds nus sur sol non glissant.
  • Vitesse : constante du premier au dernier geste.

Et après le sixième mouvement ?

La forme continue avec saisir la queue de l’oiseau, qui se décompose en quatre techniques, peng, lü, ji et an, puis avec le simple fouet. Un enseignant devient utile à ce stade. En France, la FFAEMC regroupe le taichi chuan et le qigong et délivre un CQP aux enseignants. Le travail à deux, le tuishou, vient plus tard.

L’UNESCO inscrit le taijiquan en 2020 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel, et situe sa naissance au milieu du XVIIe siècle, dans le Henan.

Mouvement de tai chi : six gestes, une première forme à soi

Ouverture, crinière du cheval, grue blanche, brosser le genou, pipa, singe : ces six gestes forment le premier segment de la forme 24, tiré du style Yang en 1956. Lus en pieds, poids et mains, ils se mémorisent par ajout, séance après séance. Reste à décider de la suite : continuer seul jusqu’au simple fouet, ou rejoindre un cours pour aborder le travail à deux ? Pour accompagner la lenteur des gestes, notre article sur la respiration abdominale vous donne un appui simple.

Portrait de Léa Fontaine, rédactrice Danseurs de vie

Léa Fontaine écrit pour Danseurs de Vie sur le yoga, le bien-être et les pratiques qui permettent de retrouver un équilibre entre le corps, l’esprit et son environnement.

Son univers mêle mouvement, relaxation, rituels de beauté naturelle et art de vivre, avec une sensibilité particulière pour les approches douces, les traditions ancestrales et les bienfaits d’un quotidien plus conscient.

Inspirée par la philosophie du yoga, l’ayurvéda et l’esthétique japonaise wabi-sabi, elle s’intéresse aux pratiques qui invitent à ralentir, à mieux écouter son corps et à cultiver une relation plus harmonieuse avec soi-même.

Dans ses articles, elle explore les différentes disciplines du yoga, décrypte les méthodes de relaxation, compare les formations et les retraites bien-être et aide les lecteurs à distinguer les promesses marketing des informations réellement utiles.

Son approche privilégie les conseils accessibles, les informations documentées et les choix éclairés, sans dogmatisme ni promesses miracles.

« Prendre soin de soi, c’est aussi apprendre à habiter pleinement son corps et son quotidien. »

Univers 01

Yoga et pratiques corporelles

Hatha, yin, méditation, tai chi, qi gong, biodanza : les pratiques expliquées et comparées, sans jargon. 30 articles pour s’y retrouver.

Entrer dans l’univers →

Dans le même univers

Tout l’univers →